Notre approche de l’Irlande
ne peut se faire sans avoir au tréfonds de nous les bases de son passé, de ses
racines. C’est pourquoi, au travers de nos pérégrinations, nous devons, mais
nous aimons aussi nous pencher sur le culte des pierres, mais aussi sur celui
de la mort. Ici rien d’indécent. La visite des cimetières n’est pas morbide,
elle se fait en toute sérénité, dans le plus profond respect des âmes qui y
reposent.
Notre quête du jour nous a
emmenés à Kilgarvan, lieudit qui se trouve dans la banlieue de la petite cité
de Bunnyconnelan, au pied des Ox Mountains ; c’est bien évidemment au
cimetière que nous trouverons ce que nous recherchons : une pierre percée,
une ogham stone.
Il n’y a rien d’effrayant ni
de lugubre dans cet endroit, même si son apparence est loin d’être
accueillante. Le cimetière n’est pas complètement abandonné. Il y a
quelques sépultures récentes, mais d’autres plus anciennes, voire très
anciennes. Il y a celles qui sont bien marquées, d’une grande stèle surmontée
d’une croix celte, et celles, beaucoup plus modestes, qui se contenteront d’une
croix de bois ou de fer.
Certaines ne seront marquées que d’une simple pierre.
Celles-ci datent certainement de siècles lointains, ou peuvent refléter
l’expression de la grande pauvreté du défunt ou de sa famille.
Le cimetière de Kilgarvan est
tout à fait « typique ».
Nous y avons bien trouvé la pierre percée.
La découverte de l’Ogham stone fut plus compliquée dans ce dédale de tombes.
Nous sommes un peu déçus, son état de dégradation laisse entrevoir
difficilement les marques d’écriture.
Au cours de ces recherches
Nounours s’est arrêté sur une sépulture qui a retenu, on ne sait pourquoi, son
attention. Il a essayé de dégager la végétation envahissante pour peut être y
trouver un signe. Une sensation étrange s’est emparée de lui. Mais rien
d’effrayant, c’était plutôt intriguant…..
Mais qui donc l’observe si
fixement et mystérieusement au-delà du trépas ????
Je serais attirée en ce qui
me concerne par un édifice commémorant la mémoire de Temperance O’Dowda, épouse
du colonel Baron James Vipplar O’Dowda, victime des anglais le 10 septembre
1798 lors des batailles menées par l’armée franco-irish contre le joug anglais.
Nous quitterons cet endroit
en toute sérénité, laissant la place aux maîtres des lieux visiblement, les
moutons !