lundi 23 mars 2020

We will survive - 23 mars 2020


7ème jour - Lundi



Waouhhh… je ne pensais jamais me lever un jour un lundi matin en me disant « chouette c’est lundi.. » ah ah ah….

Tellement excitée d’aller travailler que je me suis levée à l’aube, et suis partie tôt.

J’ai traversé la ville, déserte, encore endormie. Je me suis demandée à quelle heure les personnes confinées finalement se levaient.  Pas âme qui vive, quelques pigeons qui picoraient je ne sais quoi sur le bitume. Je n’ai jamais autant vu de pigeons.  Pourquoi ? Ma réflexion a vite trouvé la solution… Où sont passés les goëlands ??? Notre cité du Ponant qui en est habituellement envahie ne leur plairait-elle plus ? Ils ont repris le chemin de la mer, sans aucun doute… en même temps c’est leur place.  Et puis, la pêche est quasiment arrêtée, donc.. il y a plus de poissons… peut être ?



Sur la route, un peu plus de véhicules que d’habitude, mais loin de provoquer des bouchons. Vraiment loin. C’est donc vrai alors, certains ont repris le chemin du travail ? Mais à quel prix ? Je me pose un millier de questions. D’un côté il faut rester confiné chez soi, de l’autre il faut retourner au travail, ce qui n’est pas un non-sens non plus si l’on ne veut pas se retrouver dans un marasme économique sans précédent. Mais est-ce que les entreprises ont toutes pris des mesures adaptées pour préserver leurs salariés ? Est-ce qu’on leur en a donné les moyens ? Ca c’est moins sûr. 

Retourner travailler, d’accord. Mais qui va garder les enfants alors que toutes les structures pour nos bambins sont soit fermées, soit réquisitionnées pour une catégorie de travailleurs, que les assistantes maternelles ne savent plus si elles peuvent ou pas ? Que de non-sens et de contradictions.

Nos dirigeants nous ont « pondu » un nouveau document dérogatoire de circulation professionnelle. Plus strict ; tu es qui, tu habites où, tu vas où, qu’est ce que tu vas y faire, comment y vas-tu ? et pour combien de temps ? Tracasseries administratives encore pour les employeurs.

Partie tôt, je suis arrivée tôt. J’étais seule sur le parking. Sensation étrange, pas inquiétante, étrange.



Mais le soleil levant est venue me réchauffer et m’a redonnée un sursaut d’énergie.




Je trouvais la fin de semaine plus apaisée. Est-ce l’enfermement des gens pendant le week-end ? Je ne sais pas. Les questionnements ont fusé encore plus, encore et encore plus. Les usagers sont perdus. Encore une fois, nous n’avons pas toujours les réponses. Et cela me désole bien.  Mais je ferais en sorte d’être présente, autant que faire se peut.

Moment de douceur au retour ce soir. Il faisait 23° dans la voiture… presque impensable à cette époque par chez nous. J’ai profité, me suis laissée caresser par les rayons du soleil. Suis rentrée tranquillement, en faisant un petit détour pour profiter des bois, des champs, respirer la nature depuis le carreau de ma voiture, j’ai regardé la mer… avec juste une envie, de pouvoir la toucher… Mais… grrr les plages sont interdites.

Je suis zen.

Demain, repos... je vais souffler un peu…




We will survive !!!!

We will survive - 22 mars 2020


6ème jour


Que dire ?

Le silence assourdissant des villes et des campagnes…

La nature, si près et pourtant si loin de nous, parce que des mesures ont décidé que le périmètre de sortie serait restreint.

Que dire de ces relations humaines qui deviennent de plus en plus inexistantes.

J’avoue, je vis très mal ce confinement. Mais vous le savez déjà. Je me sens comme un loup privé de sa meute. C’est ainsi.

Quoi de neuf aujourd’hui ? Des nouvelles mesures concernant les dérogations de sortie. Elles seront plus strictes, plus encadrées. Tu vas travailler, ok, mais tu habites où, tu vas où, tu as le droit jusqu’à quand ?

Je croyais que j’allais tourner en rond, mais finalement non… enfin si… enfin je ne sais pas.

J’ai fait de la cuisine cet après-midi, comme si ce soir j’allais avoir des invités… ça y est je suis devenue folle.  Folle parce qu’il y a des mois que je ne cuisine quasiment plus, que je ne mange guère. Mais ça c’est autre chose.

J’ai bravé l’interdit, je suis sortie, en douce, et je suis allée donner cette nourriture aux sdf du bas de la rue, ces sdf qui sont « enfermés dehors ».



En parlant d’interdit, il est des choses que je ne pourrais dire ici parce ce que je crois que je finirais directement au bûcher. Je les garderais donc secrètes au fond de moi, comme un immense bonheur gagné grâce à cette rébellion permanente qui m’anime. Mais sachez que je suis apaisée.....un peu





Graet em eus and dreizhadenn
Aner eo klask pelec'h emaon
O kantren emaon da viken
Atre ar Menez hag an Aon




We will survive

samedi 21 mars 2020

We will survive - 21 mars 2020


5ème et  1er jour



Cinquième jour de confinement. Le premier pour moi.

J’ai terminé cette première, petite, semaine fatiguée je l’avoue. Mais surtout sonnée, par le flot d’informations plus ou moins contradictoires, par les mesures mises en place, par la recherche permanente de solutions d’urgence pour l’apaisement.

Je n’ai pas eu trop le temps de voir vraiment ce qui se passait autour de chez moi, sur mon palier, sur mon trottoir. Je ne m’étais pas rendue compte dans ma course contre la montre de la semaine, que les rues étaient vides, mes voisins ont disparu, et pourtant ils sont là…

Je n’ai pas bien dormi., même si j’ai passé un petit bout de soirée avec des amis. Stop je vous arrête, j’ai passé du temps virtuellement avec eux. Vive la technologie numérique, certains savent et veulent bien s’en servir. Alors même si l’on ne peut pas se toucher, se faire des bisous, on peut se voir. Ne pas oublier leur visage, leur sourire. On peut s’entendre, se remonter le moral, ou continuer à raconter des bêtises comme on le faisait devant un verre au pub.

On s’est donné rendez-vous-même, à l’extérieur même… Je vous vois venir !!!! rendez-vous au supermarché pour aller chercher de quoi remplir le frigo, et les placards. De la bière et des chips !!!! ça c’est de la nourriture !!!!! bon tant pis. On va tous finir alcooliques et obèses, mais on ne sera pas trop déprimés….

La déprime. On la lit sur les visages des gens que l’on croise dans la rue, tête baissée, emmitouflés sous des écharpes, des masques…. Ne laissant même pas le soleil se poser sur leur visage.

Hey it’s Spring time. Depuis hier c’est le printemps. Je suis sûre que personne n’y a fait attention.

En rentrant, je regardais les parterres de la ville qui commencent à se parer de couleurs, le ciel bleu. J’ai respiré fort l’air du dehors, doux et tiède.



J’avais emmené du travail à la maison, m’était organisé dans ma petite tête un planning pour ces deux jours. Et bien c’est fichu… Il est déjà tard et je n’ai rien fait de tout ça. Je me suis laissée emportée par une douce mélancolie, j’ai écouté de la musique pour ne pas ressentir trop la solitude. Cela ne m’a pas empêchée de penser à tout ce qui nous arrive. En essayant de rester lucide, en essayant de comprendre l’incompréhensible. En anticipant aussi mon travail de la semaine prochaine, avec une petite angoisse que de nouvelles annonces ou mesures chamboulent encore plus le jeu de quilles qui est au sol depuis quelques jours.

J’ai pris le bonheur de faire un visio avec un de mes petits-enfants. Et si cela m’a emplie de joie, j’en ai été quitte pour me remettre à ressasser du « je veux faire des câlins à ceux que j’aime, je veux faire des bisous, je veux je veux…. » …

Allez on respire, on positive…. C’est le printemps aujourd’hui…

Wait and see !!!! but

We will survive



We will survive - 20 mars 2020




Jour 4

Allez c’est vendredi, et dernier jour de la semaine. C’est le week-end, du coup le confinement va prendre tout son sens en ce qui me concerne. 

Les tensions semblent s’être vraiment apaisées. Cela n’empêche pas une grosse charge de travail, car notre effectif est très très réduit. La plupart du personnel est en télétravail, ou en arrêt pour les motifs légitimes expliqués lors de la prise des mesures de confinement.  En présentiel, la semaine prochaine nous devrions être 5 sur quasi 80… ça va chauffer dur, mais bon on s’en est finalement pas trop mal sortis cette semaine.

J’ai appris que je ne travaillerais qu’un jour sur 2, les autres jours je serais en rang 2 au cas où. D’un côté, je me dis que je vais pouvoir souffler, de l’autre, ça m’ennuie grave de lâcher prise par moment… mais bon, je ne suis pas Mère Térésa… ni Dieu. Je ne suis qu’un être humain qui doit aussi se préserver.

Moi qui lis très peu les journaux, n’allume même pas la tv, j’ai quand même aperçu des titres qui m’ont fait froid dans le dos. On est passés du stade du « on va tous mourir » au stade « on ne va plus avoir de fric ». Les grands capitaux auraient-ils la solution au COVID-19 ???

Du coup, dans les entreprises, dans certaines, on parle de reprise… mais à quel prix ? J’ose espérer que tout cela sera bien encadré... et pas seulement au nom d’une économie au bord de la faillite. Cela me perturbe.

Bon vendredi soir, j’ai deux jours  pour me requinquer, prête à repartir.

Si j’avais l’habitude de me ressourcer par de grandes balades en solitaire sur les sentiers côtiers, ou dans les monts finistériens, dans les bois, là ce ne sera pas possible. Je me prépare ce soit donc à deux jours de totale inactivité, deux jours où je vais sans doute me sentir inutile. au regard de tout ce qu’il reste encore à faire pour apaiser notre société en crise, avec mes petits moyens, mon empathie sans doute aussi.

Je penserais sans doute à tous ceux sans toit, en détresse financière, sanitaire et morale.

Je vais sans doute prendre le temps de lire la presse, même si cela m’agace copieusement.. en fait je fais plutôt chercher à m’informer sur tout cela. A l’affût de tout changement qui pourra nous faire à tous du bien.

Le soleil est parti, il a laissé place à une atmosphère brumeuse qui m’angoisse. Il fait froid.

Ah oui, il existe quand même des petits moments bonheurs qu’on adapte à notre situation ; prendre une bière entre amis, virtuellement…. C’est amusant, et ça fait du bien. J’avais presque l’impression qu’ils étaient tout prêts…. Manquait juste le bisou….

Mais, je le dis, je le répète

We will survive

We will survive ! 19 mars 2020





Les jours se suivent

Nous n’en sommes qu’au 3ème jour, et déjà, j’ai l’impression que ça fait une éternité.

J’ai mal dormi.

En arrivant au boulot ce matin, une de mes collègues n’était plus là, la seconde s’apprêtait à repartir. Elle m’a annoncé : tu n’es pas au courant, tout comme moi, tu fais partie des personnes à risques, tu dois rentrer chez toi. J’ai pris ça comme un train dans la figure. Non, non, ce n’est juste pas possible. Ce n’est pas de la rébellion, juste que tout a tourné dans ma petite caboche, très vite. Pas question que je quitte le navire. Qu’ai-je à perdre me disais-je ? Je ne me considère pas comme indispensable, je considère simplement que je dois être là. Et puis oui, je l’avoue, je ne m’imaginais même pas rester chez moi, enfermée, prostrée, ruminant des idées noires, comme ligotée, et ne plus pouvoir faire ce qui me tient le plus à cœur. J’ai pleuré.
Etre là… au moment où il faut l’être. Je n’ai rien d’une héroïne, mais si ma petite contribution peut être utile, alors….
J’ai téléphoné à mon médecin, j’ai fait le tour de mes spécialistes. Je vais bien…

Donc je vais rester. Je ne suis pas inconsciente. Je saurais prendre toutes les précautions qui s’imposent pour ne pas m’exposer, mais ne pas lâcher. Non ne pas lâcher.

Nous sommes vraiment en équipe plus que restreinte, nous avons géré beaucoup d’urgences, d’autres moins …  le standard a buggé..  Nous n’étions pas loin d’en faire autant.

J’ai eu le plaisir, dans toutes ces situations difficiles qui venaient à nous d’avoir des personnes compréhensives, et qui malgré leurs problèmes avaient de l’humour aussi, aucune pointe d’agressivité, reconnaissants même. Cela fait du bien.

J’ai eu le plaisir de déjeûner avec un ami aujourd’hui, même si on m’a fortement conseillé d’éviter. Je regrette juste de ne pas avoir pu le prendre dans mes bras, le serrer très fort, et lui dire : je suis là, on est amis. Tu as besoin je suis là, j’ai besoin tu es là.

J’avoue que ce soir, j’ai le cerveau un peu à l’envers…. Toutes ces questions auxquelles nous n’avons pas pu répondre, parce que nous n’avons pas de réponse en fait.. .

Je suis un peu en colère contre nos dirigeants qui depuis l’annonce de lundi n’en disent pas plus, et laissent les rumeurs les plus folles se déverser de toutes parts.

Je suis en colère après les médias, qui avec une info minime telle le caillou du Petit Poucet fabriquent un Everest et sèment la panique. Ce n’est plus de l’information c’est de la désinformation…

Je suis en colère, et triste, car malgré mon souci d’apaisement de tous, je n’arrive pas à apporter de réponses, à part celles dont je suis sûre, et il y en a peu.

Si je pouvais juste être entendue, un peu, je voulais juste vous dire. Ne cédez pas à la panique, ne laissez pas votre colère l’emporter, ne faites pas n’importe quoi dans l’idée que rien ne peut vous arriver, essayez de rester sereins autant que faire se peut. Soyez patients.

Demain sera un autre jour, le quatrième.

Et moi qui fait des recommandations, j’avais juste envie de parler de mon ressenti personnel. J’ai juste envie de prendre dans mes bras ceux que j’aime, je n’ai pas envie de les savoir dans l’angoisse ou la détresse, j’ai envie que tout redevienne comme avant….

Ce n’est plus étrange, c’est déroutant tout ça.

Ah oui, je me suis faite arrêtée cinq fois depuis mardi par la «maréchaussée’’ gantée et masquée,  Ils ressemblaient aux Tortues Ninja.

Prenez soin de vous

Et je veux surtout croire que :

We will survive ….

We will survive ! 18 mars 2020




Allez – Confinement  jour 2

Bon, après une première journée très tendue, autant pour moi, que pour ceux qui m’entourent, famille, amis, collègues, mais aussi les usagers qui n’ont eu de cesse hier de téléphoner pour exprimer leurs inquiétudes, leurs questionnements,  le calme semble être doucement revenu.

Apaisement, résignation. Je ne sais pas trop.

J’ai tout de même, et encore, vu des expressions de colère sur les réseaux sociaux… moyen d’expression qui pourtant ne devrait pas être atteint, mais qui semble avoir pris le virus de plein fouet.  Comme je le disais, il y a ceux qui se résignent, ceux qui pestent contre tout, ceux qui disent qu’ils feront ce qu’ils voudront… qu’ils s’en fichent., mais ces derniers ne semblent pas avoir tout compris.  Personne n’a envie d’être assimilé à un mouton, mais là, là… stop. Au placard les idées révolutionnaires, rangez vos rancœurs sociales, politiques ;  suivez, pour une fois le mouvement, et tout se passera bien. Moi je dis ça, je ne dis rien.

Ici, les choses se mettent en place, dans l’urgence mais avec sérénité. Réfléchir, réfléchir beaucoup pour trouver des solutions immédiates adaptées et surtout pérennes pour  toute la durée du confinement. Mobiliser toutes les structures susceptibles de pouvoir apporter de l’aide. On fait, on défait. Les mails arrivent à tout va. Un tel est là, l’autre ne l’est pas, ou un petit peu. Là où c’était presque facile, cela devient un parcours du combattant pour l’usager (qui est confiné je le rappelle). Mais il y a encore tant à faire pour pouvoir répondre à tout le monde. C’est un boulot de titan.

Je suis quelque part inquiète aussi, car ces usagers en situation difficile risquent aussi de ne pas venir vers nous, voyant que la plupart des structures sociales sont fermées au public (CAF, Associations caritatives, centres sociaux, etc…). Et pourtant fermé ne veut pas dire absent, difficile dans le contexte actuel de le comprendre. Et mon inquiétude grandit car je crains que la situation de ces usagers n’empire. Que faire ??

Et puis, c’est dans ma nature, j’anticipe déjà le « après » virus… Est-ce que toutes les promesses faites vont être tenues. Comment allons-nous gérer ce bordel social et économique ??? Mais bon. Pour l’instant  il faut se concentrer sur l’essentiel……

Il faut aussi gérer son propre quotidien, son entourage. Parce que l’abnégation pour les autres c’est bien, mais surtout ne pas oublier les siens.

Comme hier, il faisait très beau aujourd’hui. C’est étrange.

We will survive ….

We will survive ! 17 mars 2020




J’ai survécu à la première journée de non-confinage. Lol
J’aurais pu faire comme tout le monde, et dire « ouais, je suis trop fragile », ou me mettre en congés aussi… Eh bien non, j’ai fait le choix… un choix délibéré.
Si, comme la plupart d’entre nous, j’étais sceptique par rapport à ce que j’appelais aussi une petite « grippette »,  je me suis vite rendue compte que non.  Le virus est bien réel.
Comme la plupart d’entre nous, je ne voulais pas accepter les premières mesures mises en place. Ma colère ou mon inconscience me faisait penser « c’est un coup du gouvernement », ou « on nous prive de liberté d’expression »…  Il est vrai que depuis quelques mois, nous en avons subi, je ne reviendrais pas dessus.
J’ai pleuré quand on m’a annoncé que je ne partirais pas en vacances, vacances que j’attendais ;  j’ai versé ma larme quand on a fermé mon pub préféré aussi, là c’est égoïste quand même.
Sans doute par manque d’informations ou par trop d’informations, la panique s’est emparée de nombre d’entre nous. Les magasins de sont vidés,  et se vident encore. Incompréhension et colère sont venues se greffer à tout cela.
Alors oui, je me pose beaucoup de questions, mais est-ce que pour autant le « principe de précaution » n’est pas largement adapté aujourd’hui ?
J’ai donc fait le choix, comme je le disais, complètement délibéré, de ne pas me mettre en retrait, et de continuer ce que j’ai toujours eu au fond de moi « être là pour les autres ». Je me suis donc mise à disposition pendant pour l’instant 1 mois, afin que mes collègues souffrants ou en difficultés réelles puissent se libérer et être auprès des leurs,  plus sereins.
Je ne suis pas une « soignante » (au passage merci au monde médical et para-médical), ou peut être que si, un peu quelque part, puisque j’essaie d’être là, réconforter, soigner les âmes quand je peux trouver les mots, aider à trouver les solutions pour que tout se passe dans la plus grande quiétude.
Il y a des mesures gouvernementales prises, certes, mais qu’en est-il des plus démunis, celles et ceux qui n’ont pas de toit, qui n’ont pas d’argent pour pouvoir acheter des pâtes qu’ils ne trouveront plus en magasin d’ailleurs… pour survivre…  Qu’en est-t’il de celles et ceux dont la détresse psychologique est si grande qu’ils ne savent pas vers qui se tourner pour en parler ? Qu’en est-t’il de ces familles, vivement chichement, qui se retrouvent au chômage partiel, voire sans emploi parce que leur employeur a mis tout simplement fin à leur contrat au moment où ? 
Tout cela me tourne la tête.  Il faut garder l’esprit clair.
Toute cette première journée, j’ai survécu au flot de questions qui m’ont été posées, j’ai fait de mon mieux pour orienter, réconforter… et je continuerais.
Je pense à mes collègues absents par obligation sanitaire ou familiale, et qui se retrouve enfermés chez eux pour faire un travail qui n’est pas autrement juste qu’en face à face. Je remercie les collègues présents, qui malgré leurs angoisses qui sont aussi les miennes, sont là, et en toute abnégation, cherchent des solutions aux problèmes immédiats.
Ah oui, n’oublions pas… la solidarité…. quand elle est possible bien évidemment. Et à défaut de pouvoir se voir, un petit coup de fil à un parent, un ami, ça n’apporte pas de microbes, et cela fait du bien à tout le monde.
Prenez bien soin de vous, portez vous bien

We will survive ….

Trémazan, entre histoire et légende

  Du château de Trémazan, il ne reste guère que quelques ruines que la végétation dévore tranquillement. Néanmoins, l'imagination s'...